TriArtis est une maison d’édition littéraire, ouverte à toutes les idées intempestives et créations originales, privilégiant la correspondance, le théâtre et les formes brèves. En savoir +

logo des éditions TriArtis

menu facebook twitter loupe

Recherche sur le site

couverture du livre : Ce n'est pas ma peinture

Ce n'est pas ma peinture

Sauderan

Collection Échappées Brèves

ISBN : 978-2-916724-65-2

livre papier10€

Ce n’est pas ma peinture est le récit de la rencontre, finalement assez terrifiante, entre l’artiste et son œuvre. Il n’est pas seulement doté d’un pouvoir de création mais aussi d’effacement et, de cet effacement, surgit la liberté. Il s’agit en effet de « reprendre sa liberté », de se libérer du modèle, de la réalité. Se libérer, tout simplement.

 Le livre  Les extraits  L'auteur  Du même auteur  Les événements

Le livre

Alors que Salomé Boren-ho, peintre de profession, pianote sur le clavier de son ordinateur, une page web s’ouvre par mégarde et lui dévoile une œuvre signée de son nom : un « Swiss Vintage Landscape ». Pourtant, le paysage représenté lui est inconnu, la manière ne lui ressemble pas : s’y retrouvent deux petites chaumières coincées dans un vallon verdoyant, sous un bleu estival. Or, Salomé Boren a une prédilection pour les ciels orageux dont la teinte jaunâtre est si particulière. Jamais, elle n’aurait pu peindre cette toile ! Les questions se bousculent. L’artiste s’emballe et, frénétiquement, copie la copie : c’est un autre paysage qui prend vie. Boren efface une chaumière, le paysage se fait plus orageux, les éléments superflus disparaissent, la ruine s’installe. Boren décide alors de vendre ses nouvelles toiles sur le site et se fait bientôt attaquer par le premier vendeur qui l’accuse d’être un faussaire. Elle finit par le convaincre de sa véritable identité. L’affaire se règle sans difficulté. Le vendeur présente ses excuses : il était réellement persuadé de détenir un vrai « Boren-ho ».

La vie suit son cours. Boren se rend en Suisse, son pays d’origine, pour régler quelques affaires. Alors qu’elle s’autorisait un peu de tourisme, elle se perd en montagne et finit par déboucher sur une clairière lumineuse où trône une jolie chaumière… la chaumière de son tableau ! Elle descend de voiture tandis qu’une femme vient à sa rencontre pensant que Boren venait pour lui acheter sa maisonnette. Les deux femmes font finalement plus ample connaissance et Boren accepte de les peindre, l’inconnue et sa maison. Tandis que cette dernière installe son chevalet, elle se souvient que, sur le « Swiss Vintage Landscape » d’origine, il y avait deux chaumières et non une… Serait-ce elle-même qui aurait effacée la seconde maisonnette en effectuant ses copies ? Il n’en reste en effet aucune trace. Boren saisit son pinceau, l’imbibe de peinture et annihile la dernière ainsi que sa propriétaire. « Difficile d’effacer. Plus dur que de tracer ».

Ce n’est pas ma peinture est le récit de la rencontre entre l’artiste et son œuvre. De cette rencontre finalement terrifiante, Boren conscientise que l’artiste n’est pas seulement doté d’un pouvoir de création mais aussi d’effacement et que, de cet effacement, surgit la liberté. Il s’agit en effet de « reprendre sa liberté », de se libérer du modèle, de la réalité. Se libérer, tout simplement.

Ce matin, je pianote distraitement le clavier, désolée que ma vie sociale soit désormais ratatinée à l’écran de ma messagerie, ne rencontrant plus les gens que par des mails aussi laconiques que platement fonctionnels. L’ordinateur semble plus conciliant que d’habitude. Certes, il mouline un peu, juste pour me montrer qu’il a son indépendance, que s’il veut bien fonctionner, c’est de son plein gré, non par obéissance. Il éructe et crachote quelques petits « cling » de routine, fait tourner sa petite roue dentée puis, sans préavis, noircit l’écran d’un coup, pour me forcer à réagir et me prouver qu’il est le maître. Mais avant que j’aie frappé toutes les touches que je peux, à quatre mains et dans tous les sens, comme je le fais d’habitude, il se ranime d’un coup avec entrain et ouvre sous mes yeux ébahis une page web inconnue, toute en couleurs.

- Non, mais qu’est-ce que je vois là ? C’est quoi ce truc sur le web ? « Only 2’800 dollars ? » et mon nom accolé au prix, à côté d’une peinture au cadre doré.
Je grandis l’image et je lis : « A small swiss oil on canvas by Salomé Boren-ho » accolé à la photo d’un paysage riant avec une prairie, deux chaumières et un beau ciel d’été ! Tout est en anglais, mais je comprends quand même que quelqu’un met en vente cette toile prétendument, indûment, incompréhensiblement signée de moi ! Et cela pour deux mille huit cents dollars. Y a plus qu’à cliquer sur la flèche et la toile est à vous ! Je relis encore une fois l’annonce, complètement hébétée.

Sauderan

 Sauderan

Née à Lausanne, diplômée en Lettres et Arts, Sauderan a étudié le dessin, la gravure et la peinture.
Elle a utilisé un temps ses connaissances des matières, des formes et des couleurs pour des études sémiologiques au service de grands groupes. Elle se consacre depuis des années essentiellement à la sculpture, participe à de nombreuses expositions individuelles ou collectives, et elle écrit. Elle a déjà publié chez TriArtis La Compteuse en 2014 qui a été l’occasion d’une exposition sur le thème « Ecritures ». Elle prépare d’autres publications.

www.sauderan.com

Du même auteur

affiche de l'événement

Rencontre

Soirée-expo-conversation sur le thème de l'effacement

Du lundi 14 septembre 2015 au mardi 15 septembre 2015

Espace TriArtis
19 rue Pascal - 75005 Paris

Entrée libre
Réservation par téléphone au 09 51 74 96 29 ou par mail

En savoir +

affiche de l'événement

Expo

L'effacement

Du lundi 14 septembre 2015 au mercredi 30 septembre 2015

Espace TriArtis
19 rue Pascal - 75005 Paris

Entrée libre

En savoir +