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couverture du livre : Suzette et le plésiosaure

Suzette et le plésiosaure

Bernard Lallement

Collection Histoire Récit Fiction

ISBN : 978-2-490198-18-4

livre papier18€

Suzette et le plésiosaure est un concentré de rage d’écrire, de rage de dire envers et contre tous.Cet ouvrage est composé de 5 recueils : Narrations (2013), Derrière le monde (2016), Quelque part (2016), La Punition de l’écrivain (2017) et Tout, sauf l’homme (2017).

 Le livre  Les extraits  L'auteur  Du même auteur

Le livre

Préface de Jean-Baptiste PARA, rédacteur en chef de la revue EUROPE.

On entre comme par effraction dans les univers de Bernard Lallement. Aucune acclimatation progressive ne nous est ménagée, on est immédiatement dans le vif d’une écriture excentrique qui a pour vertu de nous décentrer.

C’est aussi drôle que sérieux, car la cocasserie la plus extrême, chez Bernard Lallement, n’a jamais rien de frivole. On y sent percer une inquiétude, une révolte, une furieuse colère à l’encontre d’un monde dont la ligne de conduite, comme il est dit dans l’ultime séquence du livre, semble répondre au mot d’ordre : « Tout, sauf l’homme ! »

 
 
 
 
Les personnages de SUZETTE.

ART POETIQUE

Évite de tomber dans le piège des images, ne t'arrête surtout pas dans la crypte des archives de Mon-beau-passé (surtout pas !) et tu arriveras derrière le monde.

Laisse les fragments, les cendres, le sable du réel se condenser dans ta conscience pour avancer à reculons, étape par étape, vers l'informulé désirable de ton écriture. Lorsque tu saisis de nouveau des objets, certains se brisent entre tes mains. C'est ça : « la science ». Nos feux de po-sition s'appellent : « Le désir » et « La mort ». De loin en loin, je vois ces lueurs dans la nuit. Perle magique de l'Orient, Étoile du Nord et puis, quelque part, quelque chose de plus trivial. Combien de fois ? Laisse au placard tes vieilles rancoeurs, il faut filer avant que le jour ne se lève.

Dans la demeure, tu trouveras des cageots. Garde-toi bien de les utiliser pour obturer l'entrée de la haute muraille ! Tu serais ridicule et les valets auraient du mal à te respecter, après. Il faut t'affirmer. Si quelqu'un s'approche de toi avec une hache, tends-lui ton Bescherelle, il fuira comme un vampire devant un crucifix ! N'aie pas peur, maintenant que tu es parti, les codes de conduite te viendront à l'esprit naturellement, d'étape en étape. Ne te soucie pas de la prochaine couchée. Elle t'ouvrira la porte, la vieille aubergiste au bord du ravin.
« Mais nous n'avons pas parlé des odeurs, du Temps et de l'argent ? – En route, camarade ! L'étape est longue... » Dans un cliquetis de pièces de monnaie et de cintres métalliques, il se consuma et disparut.

Il est temps de dormir, maintenant.

(11 août 2016.)

(Extrait de Derrière le monde, éditions TriArtis, in Suzette et le plésiosaure, 2020.)

Quelque part (2016)

La lettre que je ne t'ai jamais écrite. (Traduite de l'anglais.)

Chère, très chère Hirondelle,

il est dur de s'adresser à un mur. C'est pourtant à toi que j'écris cette lettre, contre toute raison. Cet affreux bonhomme va revenir s'interposer entre nous. Je n'y coupe pas. Tu l'as entendu. Il va me « convoquer » dans un bureau, dans son tribunal, dans l'antichambre de ma prison. Ma chair ne pourra pas résister, tu le sais. Il a pour lui la Loi et les tenailles. Je ne l'appelle pas « Vérité ». C'est cette part de nuit que je voudrais te dire. Car je vais te révéler un secret : « Il n'y a pas de secret. » Non, je ne me moque pas. Je ne cherche pas à t'abuser par de belles formules. Écoute ! Écoute, mur de ma douleur !

S'il t'a semblé que la porte s'était refermée à tout jamais, c'est que tu t'es laissé abuser, ou que tu n'as pas cru en toi-même. Pas assez, Hirondelle. Je l'ai bien vu dans ton regard, le premier jour. Ils t'avaient appris à t'enfermer toi-même. Tu étais la clef de ta propre prison. Ne désespère pas !

Ils tont plombé de leur culpabilité. Il n'y a pas de secret. Tu peux l'ouvrir, ce coffre. Ses joyaux resplendiront comme une fenetre ouverte. Pas d'ombre.

[...]

Le monstre que tu crains n'attend que d'être appelé par son juste nom. Si tu écris l'ombre, elle t'illumine et touvre le chemin. Simplement, ton obscurité, la tienne, la seule tienne, ne se dénomme peut-être pas comme tu le crois. Il faut la circonvenir. Les chemins de raisons mènent parfois aux ténèbres.

Il n'y a pas de secret, Hirondelle. Tu peux savoir. Je te parle au présent. Vois ma main posée contre la cloison de ce mur. Sens ma chaleur que je n'ai pas su te faire connaître à temps. Il n'y a pas de secret dans ta vie, contrairement à ce que tu crois.

[...]

(ler décembre 2016.)

(Extrait de Quelque part, éditions TriArtis, in Suzette et le plésiosaure, 2020.)

La Punition de l'écrivain (2016)

Le plésiosaure

- Je n'aime pas beaucoup vous voir trafiquer avec Suzette ! Vous êtes là à miauler d'vant elle, à la lécher, à l'embaumer, à la peloter !

Le plésiosaure

– Si Suzette préfère un homme bien fait à un animal de dix tonnes, c'est plutôt bon signe ! Elle aime la belle sauce artistique, pas les gros épouvantails comme vous !

Le plésiosaure

– Vas-y tuer toi ! Vas-y tuer lui ! Vas-y tuer vous ! M'effondrer sur toi ! M'effondrer sur lui ! M'effondrer sur vous ! Me rouler sur votre viande, espèce de sac à patates ! Vampire à la gomme !

Suzette(Qui ouvre la porte.)

– Je suis venu et j'ai vu ! Quoi ! Non ! Non ! Pas ça ! (Elle s'effondre.) Oh! Oh! Non ! Mon petit ours, mon merlan en sucre ! Mon Pazankor ! Oh! Toi, mon fourgon à bestiaux, mon marc de café ! Toi qui me trimballais de plaisirs en plaisirs ! Ouh ! Non ! C'est fini ! Il est mort ! Jamais plus, je ne pourrai manger des escargots avec lui ! Ouh ! Ouh!

Le plésiosaure

– Mais je suis là, moi ! Tu n'voudras donc jamais m’aimer ?

Ler plaizeeozawr

– Sher naym par bokoo voo vwar trafeekay ahvec Sizet ! Voo zet lar ar meeawl d’van tell, ar lar lais hray, ar lambawmay, ar lar perlotay !

Ler plaizeeozawr

– See Sizet praifair an om byen fay ahr an aneemal der dee tonn, say plitaw bon seen ! Ell aym lar bell sauce arteestique, par lay groh zepoovanta’ee kom voo !

Ler plaizeeozawr

- Wazee tiay twar ! Wazee tiay lwee ! Wazee tiay voo! Meffondray sir twar ! Meffondray sir lwee ! Meff ondray sir voo! Mehr roolau sir vawtr'er veeand, espays der sac a patat ! Vampeer a la gom!

Sizet(Kee oovr'er lar port.)

- Sher swee verni ay shay vi ! Kwar ! Non ! Non ! Par sar !(Ell seffondr’) Oo! Oo ! Non ! Mon pertee oors, mon mairlan an sikr ! Mon Pazan kor ! Oo ! Twar, mon foorgon ah bestio, mon mar der cafay! Twar kee mehr trambalay der plaizeer an plaizeer ! Ooh ! Non ! Say feenee ! Eel ay mawr ! Pli sharmay shern pooray manshay day zekargoe ahvec lwee ! Ooh ! Ooh !...

Ler plaizeeozawr

- May sher swee lar, mwar ! Ti nehr voodra donk sharmay maymay ?

(Extrait de La Punition de l'écrivain, éditions TriArtis, in Suzette et le plésiosaure, 2020.)

Tout, sauf l'homme (2017)

Mais cette misère des relations humaines, dans notre monde contemporain ! Ce luxe d'un regard trouvé, maintenant ! D'une parole échangée ! "Ah, vous habitez la même planète ?" C'est effrayant. C'est pour cela qu'il est si réconfortant de lire les auteurs latins, ou d'aller dans un village de Corrèze, de temps en temps. Encore que ! Même à la laiterie ! (Pas de description.) Nous sommes devenus des apparences les uns pour les autres. Lame contre lame, nous nous glissons dessus, sans jamais nous rencontrer. Nous faisons cercle par procuration. Nous cohabitons par fragments, par entrevues fugaces, vite radiées. Un jour, il faudra apprendre aux enfants dans les écoles ce que c'est qu'un homme, réel. A se déjouer des images, virtuelles. Et le baratin eu une incessant, des commerçants, des politiques, des journalistes ! On ne parle pas du manque d'homme. L'humain fait peur, comme les quatre éléments traditionnels, dont on veut nous déposséder peu à peu. Je m'exprime mal, mais je ressens un malaise réel, dans notre société d'aujourd'hui. J'envie les fourmis et les gens du voyage", à cette heure de la nuit.

(Extrait de Tout, sauf l'homme (27 mai2017), éditions TriArtis, in Suzette et le plésiosaure, 2020.)

Bernard Lallement

Bernard Lallement

1952 - 16 novembre : Naissance à Malakoff (92).

1952 - Novembre : Première nuit sur le Plateau de Châtillon (92), dans un endroit désert, à proximité du cimetière de Clamart et d’un bastringue, à moins de 500 mètres du Centre Atomique. Sol familial déglingué.

1958 - 14 juillet : Premier des trois « bals du 14 Juillet dans l’atelier de l’entreprise familiale. »

1964 - 7 mai : Premier appareil photographique, offert pour ma communion. Début d’une série de photographies : « Mes photos du passé (1964-1971) »

1969 - Juillet : Création d’une grande peinture de 4 m2 : « Mon Grand 4 m2 »

1969 - Vers novembre : Ecriture de mon premier texte littéraire : « L’officier et la grille. »

1980 - Juin : Obtention du diplôme de l’ENSAD, dans la spécialisation : « Cinéma d’animation / Vidéo ». Mémoire de fin d’études intitulé Les Pierres et leur poétique.

1981 - Août : « La nuit de Dieppe » - Au milieu d’un désastre familial et « d’activité salariée », prise de conscience de la nécessité de me défendre, de défendre ma création. Désir de réaliser une synthèse de « tout ce que j’avais créé jusqu’à présent. »

1982/1986 : Ecriture du recueil : Vergetures (Journal à quatre étages / 1980-1982).

1984/1985 : Ecriture du recueil : Dans la Selve obscure.

1988 : « Redécouverte » de la photographie. Début d’un travail sur le rugby. Publications dans la presse et dans l’édition.

1995/1996 : Atteint d’un lymphome, je suis traité à l’Institut Gustave Roussy, à Villejuif. Rémission complète.

2000 - Juin : Création du concept du « Sol double ». Début de la création d’une série de 25 assemblages, réalisés par couples d’images à partir de ma série de photos « du vertige » (1992) et de ma série de photos « du passé » (1964/1971), ceci à partir du souvenir musical remémoré de 25 morceaux interprétés par la fanfare des Beaux-Arts, dont mon père passait les disques lors des « bals du 14 Juillet dans l’atelier. » Cette œuvre plastique, intitulée : Le Sol double, sera exposée pour la première fois à la galerie des T.U.R., à Reims en octobre/novembre 2000.

2001 - Novembre : Début de la réalisation du Catalogue du Sol double, qui traitera toutes les idées qui me sont venues à l’esprit en considérant chacun de mes 25 assemblages du Sol double. Ce travail de synthèse important, réalisé entre 2001 et 2009, mènera à la réalisation d’un projet de livre illustré de plus de 1200 pages. Les 25 chapitres qui le constituent, s’ils ne sont qu’une compilation d’images déjà existantes, constituent en fait une réelle création littéraire.

2005 - Mai : Exposition Le Sol double à la médiathèque de l’Agora, à Evry (91). Lecture du chapitre 6 du Catalogue du Sol double.

2006 : Ecriture du recueil : Ludovic Pan-Pan (Œuvres récentes. Galerie X. Honfleur.)

2010 - Décembre : A partir de la fin de la réalisation de ma synthèse du Sol double, mon unique moyen d’expression artistique va devenir l’écriture. 16 recueils seront écrits à partir de cette date jusqu’à aujourd’hui.

2011/2014 : Ecriture du recueil : Fantômes pour deux.

2013 : Ecriture du recueil : Narrations (publication en 2014 par les éditions TriArtis et réédition par le même éditeur, dans Suzette et le plésiosaure en 2020.)

2014 : Ecriture du recueil : En repoussant le point final.

2014/2016 : Ecriture du recueil : Potoma et Zaargi, ou le livre des transformations.

2015 : Ecriture du recueil : Paris au ciel et au bord de la mer (publication en 2016 par les éditions Hypallage.)

2015/2016 : Travail de recherche historique sur « Le Plateau de Châtillon » avec M. David Descatoire, responsable des archives de Fontenay-aux-Roses. Projet commun de réalisation d’un « Dictionnaire du Plateau de Châtillon ».

2016 - Janvier : Publication dans la revue Europe (N° 1041-1042) de textes extraits de En repoussant le point final.

2016/2017 : Ecriture du recueil : Le mythe du « Plateau de Châtillon ».

2016 : Ecriture du recueil : Derrière le monde (Editions TriArtis, 2020, in Suzette et le plésiosaure.)

2016 : Ecriture du recueil : Quelque part (Editions TriArtis, 2020, in Suzette et le plésiosaure.)

2016 : Ecriture du recueil : La Punition de l’écrivain (Editions TriArtis, 2020, in Suzette et le plésiosaure.)

2017 : Début de ma participation à un groupe de lecture à voix haute, intervenant dans les maisons de retraite de Dreux, dans le cadre des activités du Cercle Laïc de cette ville.

2017 : Ecriture du recueil : Tout, sauf l’homme (Editions TriArtis, 2020, in Suzette et le plésiosaure.)

2018 : Ecriture du recueil : Villa Manon.

2018 - Mai : Publication dans la revue Europe (N° 1069) de textes extraits de Quelque part.

2019 - Avril à juin : Tentative de création d’un groupe de lecture à voix haute pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (« Lire aux marges »).

2019 : Ecriture du recueil : Les fuites du Niagara.

2019 : Ecriture du recueil : Gros Léon et le sol.

2019 : Ecriture du recueil : Corpus Imago Terrae.

2019 : Ecriture du recueil : Le sol de la nuit.

2020 - 10 mars au 8 mai 2020 : Ecriture du recueil : Cette petite maison au pied d’un barrage. Le feu.

2020 - Mai : Début d’une série d’enregistrements vidéo de lectures de mes propres textes. Mises en ligne sur YouTube, dans ma chaîne et dans celle des éditions TriArtis.

Bibliographie de Bernard Lallement

A) Recueils écrits entre 1980 et 2009

- Vergetures (Journal à quatre étages) (1980/1986).

- Dans la selve obscure (1984/1985).

- Décrire des lieux (1986).

- Le Catalogue du Sol double (2001/2009).

- Ludovic Pan-Pan (Œuvres récentes.) Galerie X. Honfleur (2006).

B) Recueils écrits depuis 2011

- Fantômes pour deux (2011/2014).

- Narrations (2013). (Editions Triartis, 2014 ; réédition dans Suzette et le plésiosaure, mai 2020.)

- En repoussant le point final (2014).

- Potoma et Zaargi, ou le livre des transformations (2014/2016).

- Paris au ciel et au bord de la mer (2015). (Editions Hypallage, 2016.)

- Derrière le monde (2016). (Editions Triartis, dans Suzette et le plésiosaure, mai 2020.)

- Quelque part (2016). (Editions Triartis, dans Suzette et le plésiosaure, mai 2020.)

- La Punition de l’écrivain (2017).(Editions Triartis, dans Suzette et le plésiosaure, mai 2020.)

- Tout, sauf l’homme (2017). (Editions Triartis, dans Suzette et le plésiosaure, mai 2020.)

- Le mythe du « Plateau de Châtillon » (2016/2017).

- Villa Manon (2018/2019).

- Les fuites du Niagara (2019).

- Gros Léon et le sol (2019).

- Corpus Imago Terrae (2019).

- Le sol de la nuit (2019/2020).

- Cette petite maison au pied d’un barrage. Le feu. (2020).

 
La revue Europe a publié des extraits de En repoussant le point final en janvier/février 2016 (N° 1041-1042) et de Quelque part en mai 2018 (N° 1069).

 
L’ensemble de la création littéraire de Bernard Louis Lallement est présenté sur son site : bernardlallementecrivain.net

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